le 21 février 2024 6 minutes

Antoine Denoix – Rendre l’entreprise regénérative universelle

Antoine Denoix est-il un ovni ? A priori, non. Il est passé par HEC et Telecom Paris, avant de co-fonder une agence data / marketing, 55, et de déployer ses compétences en marketing digital chez Axa. Et puis quelque chose a déraillé, et celui qui se définissait comme le” parfait bobo parisien cartésien” a changé. Axa Climate, c’est donc aussi l’histoire d’une transformation personnelle rondement menée, lorsqu’Antoine Denoix a eu l’idée (folle ?) de faire émerger la prise de conscience des entreprises sur les limites planétaires tout en les accompagnant dans la réinvention de leur organisation et de leur business model.

Cinq ans plus tard, Axa Climate – dont la mission est de rendre l’entreprise régénérative universelle – compte plus de 200 collaborateurs (dont un tiers de scientifiques) qui tous planchent sans relâche sur la transformation de leurs clients à travers des formations, du conseil et de l’assurance.

L’idée, explique t-il, est de proposer une nouvelle paire de lunettes aux dirigeants pour qu’ils conçoivent définitivement leur entreprise comme un éco-système vivant, à l’image d’une forêt. De quoi changer leur manière de produire, mais aussi de s’organiser. D’ailleurs, si son profil Linkedin affiche de titre de CEO, il faut lire Chief Ecosystem Officer. S’il est un ovni, il est un ovni cohérent.

Qu’est ce qu’Axa Climate ?

Notre mission est l’adaptation climatique et environnementale. Ceci à travers trois métiers: d’abord, l’assurance satéllitaire, qui permet à nos clients d’être indemnisés en quelques heures sur la base de ce qu’on observe via les satellites. La seconde activité c’est la formation, en partant du constat que la priorité pour réussir une adaptation d’organisation c’est de développer le savoir extra-financier des collaborateurs. Le troisième métier consiste à projeter le climat à 2030 pour les entreprises, les coopératives agricoles etc, de manière à ce qu’ils puissent prendre de bonnes décisions et actions.

Tu te fixes également pour objectif de rendre l’entreprise regénérative universelle. Qu’est ce qu’une entreprise regénérative ?

Quand j’explique le concept à des financiers, je leur explique que le PNL de leur entreprise a un impact sur le vivant, humain et non humain. Quand j’ai davantage de temps, je montre qu’une entreprise régénérative opère comme un système vivant lié à d’autres systèmes, et qui en tant que tel fait fonctionner un certain nombre de principes du vivant. Un peu comme une forêt, une entreprise régénérative fait écosystème, et développe le potentiel de chacune de ses parties prenantes. C’est un nouveau paradigme, une manière nouvelle de concevoir l’entreprise dans son fonctionnement global.

L’entreprise regénérative est un nouveau paradigme, une manière nouvelle de concevoir l’entreprise dans son fonctionnement global

Qu’est ce que ce nouveau paradigme implique en terme de fonctionnement de l’entreprise ?

Ça change tout ! Si l’entreprise se considère comme un écosystème vivant, elle va casser son mode de fonctionnement mécaniste, à tous les niveaux: de la centralisation (le command & control) à la décentralisation de la décision (l’auto-organisation); de l’optimisation continue (en flux tendus) à la sous-optimalité à des fins de résilience (stocks); du normatif (”il te faut ça pour réussir”) à l’écoute des singularités (”de quoi as-tu besoin pour réussir”?”). Et, bien sûr, d’une croissance illimitée à une croissance limitée (”tant que mes écosystèmes peuvent grandir avec moi”).

Et en terme de management ? 

Cela suppose là aussi de briser un peu la relation manager- managé. Une organisation vivante, c’est une entreprise qui va remplacer le manager par des décisions collectives sur des sujets qui comptent : la performance, la rémunération, le feedback etc. L’idée c’est de créer des conditions d’autonomie. C’est ce que nous essayons de mettre en place chez Axa Climate.

Devenir une entreprise regénérative est-il idéal à poursuivre ou un objectif réalisable ? 

C’est une nécessité. Réduire le négatif ne suffira pas car nous sommes déjà allés trop loin dans la dégradation de l’environnement. Les entreprises se retrouvent aujourd’hui face à un choc systémique qui va les obliger à revoir leur mode opératoire. La durabilité ne peut plus être un projet à part, ou un projet en plus. Il va falloir changer de façon d’opérer, en prenant en compte l’impact global des activités des entreprises sur l’environnement. Aujourd’hui, on peut très bien arriver à décarboner toute une chaine de valeur tout en continuant de détruire la planète et la biodiversité.

Se reconnecter au vivant projette nos entreprises dans une dynamique de création de valeur positive et inédite

Le concept semble dans tous les cas avoir le vent en poupe : pourquoi ?  

Parce que sortir de la pensée mécaniste, se reconnecter au vivant, cela prend du temps mais cela projette nos entreprises dans une dynamique de création de valeur positive et inédite. Sur le régénératif, personnellement je ne cherche à “convaincre” personne mais simplement à donner envie au plus grand nombre d’en “faire l’expérience”. En ce qui me concerne, cette expérience a changé ma façon d’être et de faire.

————————————-

Les Sommets, qu’est ce que c’est ?

Les Sommets, ce sont 3 jours pour s’inspirer et respirer, et repenser l’entreprise de demain. Au programme, des masterclass, des échanges sans filtre, des interviews live, des ateliers indoor et outdoor, le fameux télécabine pitch, des déjeuners, des diners, et enfin des soirées dont les Sommets ont le secret.

Avec en filigrane l’objectif de créer de nouvelles connexions : entre les neurones, entre les problématiques, entre les gens.

Envie de nous rejoindre, seul ou avec votre équipe ? D’organiser votre séminaire aux Sommets ?

N’hésitez pas à nous contacter sur contact@les-sommets.fr

Vous avez aimé cette interview ?

Partagez la !